Bonjour!
La conférence se termine aujourd’hui. À la fin de la journée, la majorité des maîtres venus des quatre coins du monde se disperseront et une soixantaine se retrouveront sur l’île de Kauai , celle qui a vu naître Mme Hawayo Takata. Nous y serons accompagnées par Phyllis Furomoto qui nous guidera à travers l’histoire et la vie de sa grand-mère. C’est un cadeau! Une opportunité unique! Nous prenons l’avion mardi matin.
Depuis notre dernier message, nous avons continué à jouir de l’endroit, des gens, de l’énergie et de l’instant présent qui règne en roi. Impossible de s’ennuyer et de ne pas vibrer!
Vendredi avant-midi, alors que tout ce beau monde participait assidûment à la conférence au Mahaka Resort, Sylvie a vaincu sa peur de l’eau (enfin, je crois…) en s’adonnant au kayak en ma charmante compagnie. Compagnie, c’est un grand mot, si on considère le fait que la mer houleuse ne nous a guère permis de discuter tranquillement entre deux coups de pagaie.
Alors que nos jambes avaient bien travaillé, pourquoi ne pas exercer tous les muscles de nos bras, question d’équilibrer la chose et de ne pas rester déformées par une masse musculaire proéminente au bas du corps, tels deux popeyes qui ont avalé une demi-portion d’épinards. Je divague…
Alors, après une heure de route à travers de majestueux paysages faits de montagnes escarpées et verdoyantes, voilés par d’épais nuages et divisés de vallées profondes, nous sommes arrivés de l’autre côté de l’île d’Oahu (sur la côte est). L’eau est turquoise, le sable est doré, le soleil est chaud… Un vrai cauchemar, bien sûr.
Sylvie, en toute confiance de mon expérience de kayakiste, me confia le précieux sac étanche qui allait garder toutes nos choses bien à l’abri de l’eau. Alors que nous avons cru aller faire du kayak sur les eaux calmes d’un lac, nous avons eu une petite surprise. C’était du kayak de mer qui nous attendait! Hmmm… Une belle initiation pour Sylvie, dans une mer agitée par le vent!
Le premier défi a été de se hisser sur le kayak en tentant d’éviter les nombreuses vagues. Sylvie a eu beaucoup plus de talents et d’élégance que moi, alors qu’elle se hissait après quelques essais et que moi, après ma ixième tentative, j’avais non seulement fait chavirer l’embarcation quatre fois, mais j’avais du même coup passé à un fil de perdre le bas de mon costume de bain. Quel spectacle gratifiant j’ai donné à tous ces gens qui me regardaient de la plage. Finalement, c’est avec l’aide d’un gentil homme, qui par politesse cachait son sourire, que je finis par atterrir en équilibre sur mon derrière… kayak… humide.
J’ai rattrapé rapidement Sylvie dans mon empressement à quitter le rivage, honteuse. Elle n’avait rien vu de la scène, trop occupée à se maintenir stable sur les vagues. Pour une fille qui a peur de l’eau… chapeau!
J’ai moi aussi eu froid dans le dos! Lorsque j’ai approché l’île la plus proche, un courant m’a attirée vers les falaises abruptes. Il s’en fallut de peu, mais l’expérience et la compagnie de mes anges m’ont tirée loin du danger.
Le soir venu, ce fut notre prestation de Hula devant toute la communauté de maîtres, vous vous souvenez? Je ne pourrais dire que nos talents de danseuses nous garantissent une place sur Broadway, mais nous avons tellement eu de plaisir, les fous rires étaient nombreux! Ce soir-là, nous avons assisté à un spectacle de danse et de chants des îles. La musique et la danse ont une vocation religieuse. Elles sont le lien sacré entre le peuple, ses ancêtres et le monde céleste. Leur pratique obéit à des rituels forts complexes, destinés à honorer les dieux et à susciter leur bienveillance. Dans l’ancienne Hawaï, elles accompagnaient tous les instants de la vie quotidienne.
Les costumes, les percussions, la gestuelle, les ornements de fleurs et de feuilles, c’était magique, envoûtant, habité…
Le lendemain, samedi, c’était journée de repos pour Suzanne. Nous avons visité des sites sacrés en compagnie d’un maître Kahuna. Un homme connecté avec la nature qui nous parlait de beauté, d’amour, de respect, de mission de vie… Un sage qui nous rappelait vivre l’instant présent avec le cœur et non pas avec la tête. C’était très touchant. Nous avons visité quatre sites sacrés. À chaque fois, notre visite était précédée d’une cérémonie où nous demandions la permission d’entrer. L’énergie était palpable et le moment indéfinissable.
Dimanche soir fut une soirée bien spéciale. Nous avons eu l’occasion de voir les différents maîtres sous un autre jour ! C’était le cabaret, une occasion de monter sur scène et de mettre en valeur les différents talents de la communauté. De la danse indienne, passant par les histoires, anecdotes, tours de magie cocasses et musique polonaise, il en avait pour tous les goûts ! On a eu beaucoup de plaisir et on a surtout bien ri! Si Suzanne avait eu son «houla houps», je crois bien qu’elle serait montée sur scène avec toute l’énergie et la joie qui l’habite ! Malheureusement, ça se transporte mal dans une valise…
La journée s’achève. Nous sommes lumineuses. Quelle joie de baigner dans cette lumière. Je remercie la Vie pour ce qu’elle est.
Avec une joie profonde et les mains bien chaudes
Caroline
Parole engagée
Il y a 16 ans
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire